La question du coût du crédit reste centrale dans les économies d’Afrique de l’Ouest. Malgré une récente décision de la BCEAO d’abaisser le plafond des taux d’usure de 27% à 24% à partir du 1er juin 2026, les conditions d’emprunt demeurent jugées élevées.
Dans les systèmes de microfinance, ces taux contrastent fortement avec ceux pratiqués dans d’autres régions du monde, où les crédits sont généralement bien plus accessibles. Pour de nombreux acteurs de l’économie informelle, cette baisse constitue un signal positif, mais encore insuffisant.
Deux principaux obstacles continuent de peser sur l’accès au crédit. D’une part, le coût reste important : un taux de 24% implique un remboursement nettement supérieur au montant emprunté, ce qui peut fragiliser les petits commerçants, artisans ou agriculteurs aux marges limitées.
D’autre part, les conditions d’accès demeurent strictes. Les institutions de microfinance exigent souvent des garanties, des cautions ou un historique de remboursement, ce qui limite l’accès au financement pour les profils les plus vulnérables.
Ces taux élevés s’expliquent en partie par des contraintes structurelles, notamment le coût de gestion de nombreux petits prêts, le risque de défaut et les conditions de refinancement des institutions.
La baisse annoncée par la BCEAO apparaît ainsi comme une première étape, dans un contexte où l’amélioration de l’accès au crédit reste un enjeu majeur pour l’inclusion financière dans la région.











