Au Gabon, une loi qui devait ouvrir une nouvelle possibilité de mariage fait aujourd’hui l’objet d’une étonnante polémique. Des femmes célibataires réclament désormais que les officiers supérieurs de l’armée puissent réellement prendre une deuxième épouse, comme le permet un texte adopté en 2024.
Le ton est monté lors d’une intervention de la représentante de l’Association des Femmes Célibataires, qui s’est directement adressée au président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema.
« Nos officiers refusent de prendre une 2e femme »
Pour ces femmes, l’autorisation de la polygamie chez les officiers supérieurs avait suscité beaucoup d’espoir.
Selon leur représentante, des milliers de célibataires avaient accueilli la mesure favorablement, y voyant notamment une possibilité d’accéder au mariage et à davantage de stabilité sociale.
Mais deux ans après l’adoption du texte, le constat dressé par l’association est tout autre.
« Ces officiers supérieurs sont toujours mariés à une seule femme », déplore-t-elle.
Une situation qui provoque aujourd’hui frustration et incompréhension chez certaines célibataires, qui estiment que la loi devrait être appliquée dans les faits.
Une demande qui fait forcément réagir
L’association dénonce ainsi une application qu’elle considère comme inégale et rappelle un principe : « nul n’est au-dessus de la loi ».
Elle demande donc que les dispositions permettant la polygamie chez les officiers supérieurs soient effectivement mises en œuvre et que les cadres militaires soient davantage incités à assumer leurs responsabilités.
Le sujet ne manque évidemment pas de faire parler, notamment sur les réseaux sociaux, où la question du mariage, de la polygamie et du statut des femmes reste particulièrement sensible.
Oligui Nguema cité en exemple
Dans leur démarche, les célibataires gabonaises ne se contentent toutefois pas de critiquer.
Elles saluent également l’engagement du président Brice Clotaire Oligui Nguema, notamment parce qu’il a lui-même épousé deux femmes.
L’association estime que cet exemple devrait contribuer à encourager l’application du texte auprès des autres cadres concernés.
Derrière cette revendication pour le moins inhabituelle, c’est donc une question plus large qui se pose : une loi autorisant une pratique peut-elle réellement répondre aux attentes de celles et ceux qui souhaitent en bénéficier si personne ne l’applique ?
Pour les célibataires gabonaises mobilisées, la réponse semble claire : elles veulent désormais passer des promesses aux actes.


