Le Programme alimentaire mondial (PAM) alerte sur une possible aggravation de l’insécurité alimentaire dans l’extrême nord du Togo au cours des prochains mois.
Selon une projection publiée récemment par l’organisation onusienne, plus de 330 000 personnes pourraient se retrouver en situation d’insécurité alimentaire aiguë si elles ne bénéficient pas rapidement d’une assistance adaptée.
La région des Savanes particulièrement touchée
La région des Savanes, à la frontière avec le Burkina Faso, concentre les besoins les plus importants.
Cette zone reste confrontée à une situation sécuritaire fragile liée à la menace terroriste dans le Sahel, avec un état d’urgence toujours en vigueur.
Le PAM explique que cette instabilité perturbe parfois :
- l’accès aux marchés,
- les activités économiques,
- et les déplacements des populations dans certaines localités frontalières.
Réfugiés et déplacés accentuent la pression
L’organisation recense actuellement près de :
- 50 000 réfugiés,
- et plus de 10 000 déplacés internes dans le nord du pays.
La présence de ces populations vulnérables exerce une pression supplémentaire sur les ressources alimentaires et les communautés d’accueil.
Le PAM indique ainsi orienter ses opérations humanitaires à la fois vers les déplacés, les réfugiés et les ménages hôtes.
Une période de soudure déjà difficile
La période de soudure, qui correspond à l’épuisement progressif des réserves alimentaires avant les nouvelles récoltes, a débuté le mois dernier dans plusieurs zones du nord.
Selon le PAM, les stocks alimentaires diminuent rapidement alors que les prix des denrées restent élevés, réduisant davantage l’accès à une alimentation équilibrée pour les familles les plus fragiles.
Le climat aggrave les difficultés
L’organisation souligne également les effets du changement climatique sur la production agricole.
Les pluies irrégulières, les épisodes d’inondations et la dégradation des terres compliquent les rendements agricoles et fragilisent les moyens de subsistance des populations rurales.
Une étude menée avec le gouvernement togolais et publiée récemment révèle par ailleurs que 50 % des familles togolaises ne peuvent pas se permettre un régime alimentaire nutritif.
Cette situation illustre les défis croissants auxquels le pays fait face en matière de sécurité alimentaire et de résilience des populations vulnérables.










