À la veille de la proclamation des résultats provisoires de la présidentielle, un groupe d’officiers a annoncé avoir renversé le président Umaro Sissoco Embaló. Le général Horta N’Tam, ex-chef d’état-major de l’armée de terre, s’est autoproclamé président de la transition pour une durée d’un an, lors d’une brève cérémonie à l’état-major.
Le scrutin opposait Embaló à Fernando Dias, figure montante de la scène politique bissau-guinéenne. Tous deux avaient revendiqué la victoire dès le premier tour, plongeant le pays dans la confusion.
L’Union africaine et la CEDEAO ont immédiatement condamné le putsch, exigeant la libération du président déchu et des responsables électoraux arrêtés. Selon plusieurs sources, Embaló se serait réfugié au Congo-Brazzaville.
Face à cette nouvelle crise, la CEDEAO a désigné le président du Conseil du Togo Faure Gnassingbé comme médiateur, chargé de conduire une mission régionale de rétablissement du dialogue. Il sera accompagné de José Maria Neves (Cap-Vert) et de Bassirou Diomaye Faye (Sénégal).
Faure Gnassingbé, déjà engagé dans la médiation du conflit RDC–Rwanda pour l’Union africaine, voit ainsi son rôle diplomatique renforcé sur la scène ouest-africaine.
Petite nation côtière, la Guinée-Bissau reste minée par les luttes de pouvoir et les réseaux de trafic de cocaïne. Depuis son indépendance en 1974, le pays a connu neuf coups d’État ou tentatives.











