En Guinée, le général Mamadi Doumbouya a remporté l’élection présidentielle dès le premier tour, selon les résultats provisoires publiés ce 30 décembre par la Direction générale des élections (DGE). Le chef de la transition, arrivé au pouvoir à la suite du coup d’État de 2021, a obtenu 86,72 % des suffrages, un score écrasant face à des adversaires de faible envergure.
L’annonce, faite dans la soirée à Conakry, s’est déroulée dans un calme total. Aucun grand rassemblement ni célébration populaire n’a eu lieu, si ce n’est quelques partisans sortis brièvement pour saluer la victoire de l’ex-chef du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD).
Selon la DGE, le taux de participation s’élève à 80,95 %, légèrement en dessous des 85 % annoncés au début du scrutin. Les résultats doivent encore être validés par la Cour suprême avant leur officialisation.
Cette élection, la première depuis le putsch, s’est tenue sans la participation des figures majeures de l’opposition, notamment Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo, tous deux en exil. Plusieurs observateurs de la CEDEAO et de l’Union africaine ont salué la bonne organisation du scrutin, tout en soulignant l’absence de compétition réelle.
Dans son rapport, l’Union africaine a néanmoins exprimé des préoccupations sur les cas d’enlèvements et de disparitions signalés durant la période électorale, appelant les autorités à faire la lumière sur ces incidents pour restaurer la confiance citoyenne.
De son côté, le Bloc Libéral, parti du candidat Faya Millimouno, arrivé troisième, dénonce de graves irrégularités et affirme disposer de preuves de fraudes. Selon son président Oumar Sanoh, plusieurs de ses militants ont été arrêtés ou intimidés pendant la campagne.
Cette victoire place désormais Mamadi Doumbouya face à un nouveau défi : celui de transformer son pouvoir militaire en légitimité démocratique durable, dans un pays encore marqué par des années de tensions politiques.










