L’ancien président de la Cour constitutionnelle de Guinée, Mohamed Lamine Bangoura, a été condamné mercredi à sept ans d’emprisonnement pour enrichissement illicite, corruption, détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux.
La décision a été rendue par la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), une juridiction spécialisée dans la lutte contre la corruption. Les faits reprochés au magistrat sont liés à la gestion des fonds alloués à la Cour constitutionnelle.
En plus de la peine de prison, Mohamed Lamine Bangoura devra payer une amende de deux milliards de francs guinéens, soit environ 200 722 euros. La juridiction a également prononcé son inéligibilité pour une durée de cinq ans et ordonné la confiscation de ses biens situés en Guinée et au Sénégal.
L’ancien magistrat était détenu depuis décembre 2022 et avait contesté les accusations portées contre lui. Sa défense avait plaidé son acquittement. En juin, le parquet avait requis dix ans de prison ferme, une amende de 50 milliards de francs guinéens et la confiscation de ses biens.
Deux autres personnes poursuivies dans cette affaire, jugées en leur absence alors qu’elles sont en fuite, ont été condamnées chacune à dix ans d’emprisonnement et à une amende de cinq milliards de francs guinéens. Des mandats d’arrêt ont également été émis contre elles.
Les trois hommes ont par ailleurs été condamnés solidairement à verser 41 milliards de francs guinéens à l’État guinéen en réparation du préjudice subi.
Cette affaire s’inscrit dans le cadre des procédures engagées par la CRIEF contre des responsables de l’ancien régime d’Alpha Condé, au pouvoir de 2010 à 2021. Depuis novembre 2022, quelque 180 hauts cadres et anciens ministres ont été visés par des procédures devant cette juridiction.
La lutte contre la corruption constitue l’un des axes affichés des autorités issues du coup d’État de septembre 2021, qui a porté le général Mamadi Doumbouya au pouvoir. Élu président lors du scrutin du 28 décembre 2025, ce dernier fait toutefois face aux critiques de l’opposition, qui dénonce des restrictions des libertés et une instrumentalisation de la justice.



