Abuja hausse le ton. Le Nigeria a révélé que le Togo, le Bénin et le Niger lui doivent près de 18 millions de dollars pour l’électricité livrée dans le cadre d’accords régionaux.
Une dette croissante qui inquiète la Commission nigériane de régulation de l’électricité (NERC) et menace la stabilité de l’interconnexion énergétique ouest-africaine.
17,8 millions de dollars en souffrance
Selon le dernier rapport trimestriel de la NERC (T3 2025), les compagnies nationales d’électricité – CEET (Togo), SBEE (Bénin) et NIGELEC (Niger) – ont été facturées 18,69 millions de dollars pour l’énergie reçue, mais n’ont réglé que 7,12 millions, soit un taux de recouvrement de 38 %.
Le solde impayé atteint 11,56 millions de dollars pour la seule période, auxquels s’ajoutent 6,23 millions de dettes antérieures, portant la facture globale à 17,8 millions de dollars.
Le Nigeria s’impatiente
La NERC alerte sur une situation devenue préoccupante :
« La faiblesse persistante des envois de fonds, en particulier de la part des clients internationaux, pourrait mettre à rude épreuve la liquidité du secteur énergétique », prévient le régulateur.
À titre de comparaison, les clients nigérians ont payé près de 88 % de leurs factures sur la même période.
Une dépendance structurelle à l’électricité nigériane
Au Togo, malgré les avancées dans les centrales solaires (Blitta) et les interconnexions avec le Ghana, la demande intérieure progresse plus vite que la production nationale.
Le pays continue donc de puiser dans les réseaux voisins — mais avec des paiements souvent retardés.
Même constat au Bénin et au Niger, confrontés à des infrastructures vieillissantes et à des contraintes budgétaires fortes, malgré le soutien de la Banque mondiale et de la BAD.
Une équation régionale sous tension
Ce bras de fer financier dépasse les chiffres : il met à l’épreuve le rêve d’un marché énergétique ouest-africain intégré (WAPP).
Car sans paiements réguliers, la confiance entre partenaires s’effrite, au risque de compromettre les ambitions d’interconnexion régionale.
Pour les trois pays débiteurs, la crédibilité énergétique devient un enjeu diplomatique autant qu’économique.











