Le gouvernement togolais accorde un dernier délai de trois semaines aux occupants installés sur les emprises du domaine public dans le Grand Lomé et les communes du littoral de la préfecture des Lacs. À l’issue de cette période, les autorités entameront la dernière phase des opérations de déguerpissement.
L’annonce a été faite le 31 juillet 2026 lors d’un point de presse organisé au siège du District autonome du Grand Lomé (DAGL). La rencontre a réuni la gouverneure Zouréhatou Kassah-Traoré, les préfets du Golfe et des Lacs, ainsi que les membres du comité ad hoc chargé de l’opération.
Une année de concertation avant l’application des mesures
Selon les autorités, cette décision intervient après plusieurs mois de dialogue avec les occupants concernés. Initialement prévue pour février 2026, l’opération avait déjà été reportée à deux reprises, d’abord au 31 mars, puis au 30 juin, afin de favoriser un départ volontaire.
À l’expiration de ce délai, l’Association des tenanciers des bars (ATER) avait sollicité un nouveau report jusqu’en janvier 2027. Cette demande n’a pas été retenue. Les autorités précisent que ce nouveau délai constitue la dernière prolongation avant le lancement effectif des déguerpissements.
Les installations construites sans autorisation ou dont les titres d’occupation sont arrivés à expiration seront retirées par les services compétents.
Préserver le domaine public et le littoral
Pour la gouverneure Zouréhatou Kassah-Traoré, cette opération dépasse la seule question des bars ou des activités commerciales installées sur le littoral.
Elle vise à restaurer l’autorité de l’État, protéger le domaine public, préserver le littoral face à l’érosion côtière, garantir la sécurité des populations et assurer une occupation plus rationnelle des espaces publics.
Les autorités rappellent que le littoral togolais, long d’environ 50 kilomètres, est confronté à une érosion côtière qui provoque un recul du trait de côte estimé entre 5 et 10 mètres par an selon les données officielles.
Des investissements pour protéger les côtes
Cette opération s’inscrit également dans le cadre des actions menées à travers le programme WACA ResIP, financé notamment par la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD).
Doté d’un financement d’environ 33 milliards de FCFA, ce programme prévoit la construction de 22 épis de protection entre Gbodjomé et Goumoukopé, ainsi que des travaux de rechargement des plages et de restauration des lagunes afin de limiter les effets de l’érosion.
Les autorités rappellent enfin qu’aucune indemnisation ne sera accordée aux occupants installés illégalement sur le domaine public. Elles invitent les populations à se référer exclusivement aux informations officielles et soulignent que cette opération s’inscrit dans une politique de gestion durable des espaces publics, dans un contexte de pression foncière croissante sur le littoral togolais.


