Six ans après l’assassinat du colonel Bitala Madjoulba, la justice militaire togolaise a rendu son verdict en appel. La Cour d’appel militaire a prononcé ce vendredi 27 février 2026 des peines plus lourdes que celles infligées en première instance.
L’ancien chef d’état-major général des Forces armées togolaises (FAT), le général Abalo Félix Kadangha, est condamné à 30 ans de réclusion criminelle, soit dix ans de plus que la peine initiale de 20 ans.
Une responsabilité jugée plus lourde
Initialement condamné pour :
- Complot contre la sûreté intérieure de l’État
- Complicité d’assassinat
- Entrave au bon fonctionnement de la justice
Félix Abalo Kadangha voit sa peine aggravée, signe que la cour a retenu une appréciation plus sévère de sa responsabilité dans la mort du colonel.
Le procès en appel, ouvert le 16 février 2026 après un premier renvoi en novembre 2025, s’est donc conclu par un net durcissement des sanctions.
Des peines alourdies pour plusieurs co-accusés
L’ancien chef d’état-major n’est pas le seul concerné par ce tour de vis judiciaire.
- Le colonel Ali Kodjo écope désormais de 20 ans de réclusion criminelle, contre 15 ans en première instance.
- Le commandant Bouwè Palakiyem, ancien patron de l’Unité de Sécurité Militaire (USM), voit sa peine passer de 5 à 20 ans de réclusion.
Ces alourdissements traduisent la volonté de la juridiction d’appel de requalifier plus sévèrement les responsabilités dans ce dossier sensible.
Une relaxe confirmée
À l’inverse, la Cour d’appel militaire a confirmé la relaxe du lieutenant-colonel Agbongou Komlan Senam, commandant en second du 1er Bataillon d’intervention rapide (1er BIR) au moment des faits.
Une affaire à forte portée symbolique
Le colonel Bitala Madjoulba avait été retrouvé mort par balle en mai 2020 dans son bureau du camp militaire de Lomé, quelques heures après la cérémonie d’investiture de Faure Essozimna Gnassingbé.
Cette affaire, l’une des plus sensibles de ces dernières années au Togo, aura marqué durablement l’institution militaire et l’opinion publique.
Avec ce verdict, la justice militaire clôt un chapitre judiciaire majeur, même si l’impact institutionnel et politique de cette décision reste à mesurer.










