L’artiste togolais Narcisse Essowé Tchalla, connu sous le nom Aamron, a comparu mercredi devant la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Lomé. L’audience portait notamment sur la demande de restitution de son permis de conduire, saisi dans le cadre de la procédure judiciaire ouverte contre lui.
L’affaire remonte au 19 septembre 2025, lorsque le musicien et activiste avait été interpellé puis présenté à un juge d’instruction. Il est poursuivi pour « outrage à l’autorité » et « diffusion de fausses nouvelles ». À l’issue de cette audition, il avait été placé sous contrôle judiciaire, avec la saisie de plusieurs effets personnels, dont son passeport, ses téléphones et son permis de conduire.
Un recours de la défense
Les avocats d’Aamron ont contesté la décision du doyen des juges d’instruction qui avait refusé la restitution du permis de conduire, estimant que la procédure n’était pas suffisamment avancée. La défense a donc interjeté appel, ce qui a conduit à l’audience tenue mercredi.
À la sortie de l’audience, Me Célestin Agbogan, l’un des avocats de l’artiste, a expliqué que le ministère public s’oppose à la restitution du permis, évoquant notamment l’état mental de son client.
Débat autour du suivi médical
Selon la défense, le magistrat instructeur aurait également relevé l’absence de preuve montrant que l’artiste poursuit les soins médicaux qui lui auraient été recommandés après son séjour à l’hôpital psychiatrique de Zébé, d’où il avait été libéré le 21 juin 2025.
Me Agbogan conteste cet argument et affirme que la poursuite du traitement relève du choix personnel de son client. Avec une pointe d’ironie, il a déclaré :
« Malheureusement, on lui laisse sa voiture mais on retient son permis. Allez-y comprendre. »
Prochaine audience
La chambre d’instruction a finalement décidé de renvoyer l’affaire au 20 avril, afin de poursuivre l’examen du dossier.
En attendant, Aamron reste soumis aux mesures de contrôle judiciaire. Cette affaire, mêlant justice, santé mentale et liberté d’expression, continue de susciter un vif intérêt dans l’opinion publique togolaise











